Pour mes tites folles

Pour mes tites folles
Fastidieux travail de l'alpha à l'oméga
Au lycée, écran de la vie d'une étudiante...
Nonchalante elle erre à dos d'âne parmi les gars...
Non petite Sanny, je ne suis pas une montagne de fiente !
Y trouves tu du sens dans ceci, né de la Noël saga !

En moi les souvenirs d'un couloir sombre
Surgissent... accompagnée de toi et de frissons-
Tel je le fais dans la neige du désespoir - une ombre
Enluminait cet espace de cauchemardesques saisons.
Le rêve ! Il est là adossé à la paroi de cet enclos,
Le corridor d'un endroit de souffrance. Il provoque un flot
Emporté de joie... Un prépa pour Noël ! Quel super cadeau !

Juste une goutte de dérision,
Une goutte de vie qui fait déborder le vase.
Seulement une parole pour accomplir ma mission :
Te faire éclater de rire, le sourire en extase.
Inévitablement, face à cette professeur-
Ne correspondant en rien à ce qu'il y a de meilleur-
Elle fait jaillir le rire, du sommeil le sauveur.

Jolie petite coréenne
Aux paroles aériennes,
Et au rire si doux...
Yseult attend ton Tristan
Et prie qu'il soit fou
Oui mais qu'un peu, dans le sang !
Non comme moi, qui le suis complètement !

# Posté le samedi 12 janvier 2008 16:27

L'Âne et le crapaud

L’Âne et le crapaud
Un crapaud, un soir après l'orage observait
L'astre se coucher dans la voûte si céleste
La laideur abjecte s'éveillant, regardait,
La beauté suprême s'endormant à l'Ouest.
Calme, paisible, il contemplait, seul,
Aspirant l'Infini, la Grâce par sa gueule.

Soudain, près de la flaque abritant l'animal,
Vint à passer l'Homme, un ecclésiastique, qui,
Pris de dégoût devant cette créature si sale,
Frémit et, indifférent, sur le crâne, son talon mit.

Ensuite la Femme, bien vêtue et fort belle,
Suivant le vieux prêtre à la lecture perturbée,
Laissa traîner près du mutilé son ombrelle.
En souvenir, Crapaud ne garde qu'un ½il crevé.

Enfin arriva la Jeunesse, quatre écoliers, libres, et prospères,
Insouciants, ivre de vie et de charme juvénile,
Aperçurent l'éclopé, et de sa laideur s'émerveillèrent :
Riant, ils torturaient l'estropié – quel jeu agile !

Le Crapaud bavait, il saignait de partout.
Il rampait, se glissait doucement dans la fange.
Seul le haut de son corps dépassait cette boue,
Il s'y purifiait, tel l'Hindou dans le Gange.

Mais les petits, indomptables, le lorgnaient toujours,
L'extase dans le c½ur, dans leurs gestes, la fureur.
L'un d'eux surgit : dans ses mains, un pavé. Lourd,
Pesant, mais soulevé aisément pour infliger la douleur.

Excités, impatients, ils attendaient la scène dernière :
La mort terrible qu'ils imposaient à ce martyr maudit.
Or, voici qu'arrive, par ce sentier du calvaire,
Un chariot à la charge pesante tiré par un bagnard rassis.

Ce forçat boiteux, ce galérien lamentable,
Sous les coups du geôlier qui le criblaient,
S'enfonçait dans la fange tel un crabe dans le sable-
C'était l'Âne, sénile et maigre. Invalide, il geignait.

Ses yeux se voilaient d'une mystique vapeur...
Il songeait, passif, sous le fouet et ses coups,
Se plongeait dans une illustre profondeur
Tandis que les bambins se figeaient, au son des roues.

La charrette était lourde et les enfants animés :
-écrasé sous un chariot, voilà qui est drôle !
Oubliant le pavé, ils s'écartèrent pour admirer
Le spectacle dans lequel chacun avait son rôle.

Les Spectateurs contemplaient, l'Âne avançait,
Le Crapaud attendait son supplice dernier.
L'Âne malheureux vit le Crapaud qui gisait-
Ce monstre était plus meurtri que lui par l'ânier !

Alors, l'Âne raviva sa force éteinte,
Et, ses muscles en sang, par son maître injurié,
Il tira le chariot, déviant la roue, sans plainte,
Laissant derrière lui vivre le Crapaud condamné.

Alors la Jeunesse, très déçue du spectacle,
Reprit ses cartables, s'éloigna du carnage,
Et le Crapaud restait là, sauvé par ce miracle,
Par cet Âne vénérable, ce rayon à travers l'orage.
Cette fable montre que la meilleure âme, l'être le plus saint,
Peut être la laide créature, qui, bien qu'expirante, pour sauver un autre, s'écarte de son chemin.

Tayal
Ps : pour répondre à un commentaire bien placé : c'est bel et bien une réécriture de fable, non pas de la fontaine, mais de Victor Hugo! Merci pour tous vos commentaires si sympas...

# Posté le samedi 12 janvier 2008 16:17

Modifié le dimanche 13 janvier 2008 11:11

Ecrire

Ecrire
Ecrire c'est un fleuve, purifiant notre esprit.
Ecrire c'est un soulagement de nos peines.
Ecrire c'est une évacuation de tous sentiments – la douleur, l'aise, les chagrins et le bonheur, la colère et la tendresse...
Ecrire c'est donc évacuer sans danger puisque l'on peut poser les mots de colère ou de violence sans faire de mal physique.
Ecrire c'est violenter psychologiquement – rappelez vous que les mots peuvent parfois blesser bien plus ardemment qu'une arme.
Ecrie c'est l'eau et le feu, c'est le vent et la Terre.
Ecrire c'est les oiseaux, les animaux, les hommes, les femmes.
Ecrire c'est le beau, c'est le laid ; c'est le bon et le mauvais.
Ecrire c'est élever ou dénigrer, complimenter, insulter.
Ecrire dans l'ennui, écrire dans le bonheur, la nostalgie ou la mélancolie.
Ecrire dans l'herbe, écrire sur une table de marbre.
Ecrire pour faire rire, écrire pour faire pleurer.
Ecrire pour ennuyer (des futurs élèves par exemple...), écrire pour égayer ou effrayer...
Ecrire c'est ma passion.
Ecrire c'est mon passe-temps.
Ecrire c'est ma force
Ecrire c'est mon confessionnal.
C'est même mon besoin.

Ecrire, c'est tout ce que vous voulez,
Mais ce n'est pas Moi.



Tayal, ce 22.11.06

# Posté le samedi 12 janvier 2008 16:14

La distance a tué son amour

La distance a tué son amour
De quoi as-tu envie, jeune fille rêveuse ?
Pourquoi regardes-tu ces nuages dans le ciel ?
Pourquoi soupires-tu lorsqu'un train passe en sifflant ?
Pourquoi donc parles-tu toujours de fuite, d'envol ?
Es-tu si touchée par l'éphémère et le changeant ?
Tu vis dans un monde d'images et d'illusions oniriques...

Pourquoi, me demandez-vous ? Pourquoi ?
Mais Monsieur je crois bien pouvoir pour une fois
Répondre à votre question...
Je pense à un autre, qui est loin. C'est lui que j'aime.
Je souhaite à chaque instant découvrir mes ailes,
De pouvoir le rejoindre là où il est...
Hélas, plus jamais je ne verrais
Ce sourire qui illuminait son visage dès le petit jour...
Monsieur, la distance a tué son amour.

Tayal ce 6 mai 2007
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# Posté le samedi 12 janvier 2008 16:10

Ronces d'amour

Ronces d’amour
Fronces dans le temps
Fissures dans le vent
Qui vient de l'est.
Que d'indomptables gestes
Dans un c½ur de déçue,
Possédée, à son insu.

Diable au visage angélique,
Instable message onirique –
Il l'engloutit telle une vague
Aussi scintillante que l'or de la bague
Qu'elle porte à son doigt frêle –
Tendres menottes enchaînent la belle
A cet amour écartelé par la distance
Ils s'envoient des baisers sur la danse
Des feuilles d'automne virevoltantes.

Ce n½ud si serré les hante –
Comment s'aimer sans haine
Quand les ronces d'amour les retiennent ?
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# Posté le samedi 12 janvier 2008 13:19