Des larmes coulent encore chaudes sur mes joues à l'instant où je vous écris. Je ne vois quasiment pas ce que j'écris. D'ailleurs peut-être que lorsque, demain, je voudrais relire tout cela je ne pourrais pas, tant mes lettres seront difformes et trempées par mes larmes.
La femme a les larmes. On dit que c'est son arme.
Face à ma fenêtre je vois la nuit qui tombe. Le vent caresse encore ma peau nue et je sens tes caresses et tes baisers m'effleurer.
S'il y a quelqu'être dans ce monde d'omniscient, qui vois et pressens tout ce que l'on fait, alors qu'il se souvienne de ce soir. Je le porte témoin de ce que je ressens.
Car c'est un sentiment que jamais avant n'ai-je ressenti.
Je viens de vider mon âme. Mes larmes ont évacué tout ce que j'avais de retenu dans cette toile que mon c½ur araignée a tressée... cette toile est détruite. Les émotions, les cris, tout ce qu'il y avait en moi est sorti.
Tu riras peut-être en lisant cela, et un sourire bref vient juste d'animer mon visage. Ephémère lui aussi il est parti. Je pourrais continuer à écrire pendant des heures, des jours, des siècles, des millénaires même. Je me sens vidée mais invincible et immortelle en ce moment.
Quel mot bête que « merci » et pourtant, des fois il semble suffire... pas là. Comment exprimer tout ce que je ressentais il y a quelques minutes en terminant de lire ton écrit.
Gratitude, passion, tendresse, amour.
Je le sais que tu m'aimes, et je sais que je t'aime.
Précoce dirait-on. Il n'y a pas d'age pour cela diraient d'autres. Qu'importe, c'est le fait que ce que je dis est sincère qui compte.
Ca y est mes larmes ont séché et j'entames ma deuxième feuille. Je frissonne, le vent est si froid. Peu m'importe, puisque tu le ressens aussi.
La haine que tu ressens est en fait violence passionnelle, violence d'amour pour les gens, la Terre, moi.
Une femme, c'est ainsi que tu m'as appelée.
Une femme, c'est ainsi que je me vois. Mais uniquement lorsque je suis avec toi.
A quoi me sert la beauté, le sourire, les émotions, la sensualité, l'amour, si tu n'es pas là avec moi pour le partager ?
Qui sait ce qui nous attend, qui sait ce que les jours à venir nous apporteront ? Peu m'importe, car en ce moment je suis vide.
L'amour que je ressens pour toi est ma coque. A l'intérieur c'est le vide, il n'y a plus moi et mes angoisses éternelles, moi et mes doutes constants, moi et mes folies de rêveuse perdue dans ce monde.
C'est l'Amour qui t'écris, car toi tu connais tout de ce que je ne connais pas. Tu as vu la Terre et les hommes, tu as vu la vie et les femmes.
Tu me protègeras et tu m'aides.
En ce moment mes sentiments me reviennent peu à peu. J'ai des envies. Envie d'écrire à mes grands parents, envie de sauter par la fenêtre, de courir dans les champs, de te voir...
Te donner cette sensualité dont tu m'as parlée, encore une fois te rendre heureux, t'aimer avec mon écorce, t'aimer avec ma sève et ma chaire. Je t'aime. Je t'aime.
Ne me laisse pas ici.
Je vais te parler.
Attends moi.
Je tremble, je tremble et je grelotte.
Non.
Stop.
Amour revient me protéger de cette nuit froide.