Je suis un ange mystérieux, qui flotte entre les parois nébuleuses de tes pensées, qui vole par ci, par là, qui erre dans les eaux oniriques de tes rêves...
Nymphe de cette forêt si dense, si noire, j'émane une lumière pure, je te guide, même si tu me repousses, même si tu te détournes, tu finiras toujours par t'avancer vers moi. Peut-être me vois tu tel un diablotin qui te nargue, riant de derrière cet arbre? Mais ça n'est pas vrai...
Sirène dans le lagon de tes songes, je nage entre ces coraux, dans les profondeurs magiques, où brillent tant de beautés - essaie de rester dans les gouffres, dans le noir, tu ne le pourras!
Mère souriante, je veille sur nos enfants dans leurs petits lits, je berce le petit dernier, mes joues sont roses, tu es là, à la fenêtre, tu observe, mais n'ose pas rentrer.
Pourtant la chaleur de la cheminée te protègerait du froid de dehors, mes mains et ma peau si douce soulagerait tes blessures, ta fatigue.
Mais là tu restes, et je te vois, fantôme derrière cette vitre, tu me hantes, à observer à distance cet ange mystérieux qui t'a tant fait rêver, qui t'a tant chéri, qui t'a tant aimé...
Cet ange mystérieux qui t'a tout donné, était une fille fut un temps, puis une femme à tes côtés, désormais elle flotte, entre la vie et la mort, dans les limbes de sa propre tristesse, dans les marécages de sa nostalgie. Elle se cache, elle danse derrière un panneau de papier, et son ombre est là, dans tes souvenirs, tes pensées, tes rêves. C'est ainsi que la femme est devenue ange - immortelle, à jamais en toi.